Accepter de se tromper (et continuer quand même)
J’ai longtemps cru qu’il fallait réussir du premier coup. Qu’un bon projet, une bonne idée, ça venait comme ça, en une sorte d’éclair parfait. Comme une illumination. Spoiler : non.
Le design thinking, je l’ai rencontré un peu par frustration. J’en avais marre des brainstormings qui tournaient en rond, des réunions où on parlait sans jamais écouter. Puis un jour, on m’a mis un post-it dans la main et on m’a dit : “Écris n’importe quoi, même une idée idiote.” Je l’ai fait. Et j’ai ri. Parce que c’était ridicule. Et aussi libérateur.
J’ai compris ensuite que le design thinking, ce n’est pas une méthode pour trouver “la bonne idée”. C’est une manière d’accepter qu’on va se planter. Plusieurs fois. Et que dans ces erreurs, dans ces ratés un peu moches et maladroits, il y a parfois une petite étincelle. Pas visible tout de suite. Mais elle est là.
On parle souvent de prototyper, tester, itérer… Mais dans la vraie vie, c’est moins propre. Parfois on n’a pas le temps. Ou pas les moyens. Ou pas l’envie. Et pourtant, on essaye quand même. Parce que ne rien tenter, c’est pire que de rater. C’est rester figé.
Une fois, on avait imaginé une solution pour une bibliothèque municipale. Une application pour réserver des livres et proposer des recommandations aux lecteurs. Sur le papier, c’était joli. En réalité, personne ne voulait d’une appli en plus. Ce que les gens voulaient, c’était… un coin pour discuter avec d’autres lecteurs. C’était tout. C’était simple. Et on l’avait raté, au départ. Parce qu’on avait oublié d’écouter. Classique.
Et ce que je retiens surtout, c’est que le design thinking ne nous promet pas le succès. Il nous apprend à continuer. À accepter que le flou fait partie du chemin. Qu’on ne verra pas toujours tout venir. Et que c’est OK. Que parfois, le processus lui-même vaut plus que le résultat.
C’est peut-être là que ça devient humain. Quand on arrête de chercher à tout optimiser. Quand on ose se dire : je ne sais pas. Pas encore. Mais j’avance. Un pas de travers, un brouillon mal fichu, une conversation inattendue… Et tout peut changer.
Alors oui, je me trompe. Souvent. Et j’apprends à vivre avec. À transformer ces ratés en matière vivante. En idées un peu folles, un peu tendres. C’est bancal, c’est vrai. Mais c’est vivant. Et ça suffit.



